9 août 2004

Petits français perdus à Central Park

Point ne suffit de s'amuser à jouer les demi-felins bottés, il faut de surcroît assumer et gentiment poster l'article tant attendu du lundi de Dolce Vita. Qui s'est fait attendre, certes, mais n'ai-je pas jusqu'a minuit dernier carat, cachet de la poste faisant foi ?

Cette semaine, pas de chronique. La faute à EntreNewYork -parce qu'il faut bien que ce soit la faute de quelqu'un d'autre. Hier j'ai ete trainée, presque de force (arfarf), à un pique-nique. Attention, pas un pique-nique avec n'importe qui. Nonon. La crème de la crème. Un pique-nique EntreNewYorkais. Enfin surtout Entre Francais. Mais bon. Bref. C'etait tellement bien que je suis revenue chez moi avec un gateau à peine entamé et une grosse bosse sur la tête. (Cherchez l'erreur). Et contente avec ca….


Tout commence lorsque de petits francais tout frétillants de sentir le weekend approcher lancent cette joyeuse idée : Et si on se faisait un pique-nique dimanche a Central Park ? Cinq pages de forum plus loin, en une apres-midi - un vendredi, était-il besoin de le préciser, vu l'ardeur des membres à répondre prestemment à toute suggestion culinaire, et l'on se décide pour se retrouver sur le coup de 13 heures à Strawberry Field, Central Park. Evidemment tout ceci, c'est sur le papier. En pratique les plus matinaux arrivent vers 13h30 et les autres suivent. L'heure d'arrivée peut varier de quelques heures selon le fuseau horaire sur lequel les convives ont reglé leurs neurones du weekend.

Grande hantise du francais. Que le pique nique états-unien ressemble à tout sauf aux bacchanales de leurs rêves… Heureusement le franchouille est aussi rusé que l'américain est borné en matière de loi - il nous a suffi de quelques briques de 'jus d'orange' et autres subterfuges pour égayer le repas. El Pedro, chef patissier du jour - ses croissants maison sont exquis - nous avait pourtant bien rassurés. En effet, si l'on se fait prendre la main dans le sac (à vin), on risque une amende. Mais si l'on presente à l'officier de police son ID, alors on est *juste* convoqué au Tribunal. C'est vrai que c'est rassurant, là, tout de suite… Tiens je vais reprendre un peu de jus d'orange, ca me calmera… (Le jus d'orange, oui, l'alcool, non).

Le plaisir de ces piques-nique improvisés, c'est que tout le monde y va de sa spécialité : qui la salade de pates, qui le pain, qui la salade de tomates au thon et à l'oeuf, qui les cannelés de sa Gironde natale, qui le gateau au chocolat de l'Upper East Side, qui la tourte à la viande, qui le bon fromage de chez nous qui coule et qui sent bien fort, qui le jus d'orange frelaté (Pardon. Le jus d'orange, oui, l'alcool, non).

Arnulfe s'amusait, avec Sam, FB38 et d'autres, a c-est-moi-qui-lance-le-freesbee-le-plus-bas-possible-au-dessus-de-la-tete-des-gens jusqu'a ce que votre devouée corespondante l'arrête net d'un coup de front (aie). Il faut avouer que nos francais n'avaient pas encore la classe et la maitrise californienne du lancer de freesbee. SamMan a tout simplement réussi à dévisser la tete de l'auteur (moi) et raser de frais Emissaire, entre autres. Pour ensuite desherber tout le perimètre de pelouse sur lequel il reposait dans le but totalement vain de jouer au jeu du camouflage et de recouvrir paréos, nappes et serviettes d'une couche d'herbe et de terre dépassant l'entendement. LaTulipe et moi nous sommes donc justement vengées en lui procurant un massage thailandais improvisé… C'est a dire en lui galopant sur le dos. Il parait que cela fait mal. Nous, on n'a rien senti. C'est qu'il doit etre douillet alors.

Sensiblement à ce moment là - ou bien au moment ou les Hommes de l'equipe se sont sentis pousser des ailes de footballeur en voyant laissé à l'abandon le petit ballon d'un enfant - un attroupement d'autochtones s'est formé a proximité de nous, de l'autre cote de la barrière. Ils regardaient ces grands fous de francais se marrer comme des baleines et s'en mettre plein la panse, voire derrière la cravate, hop, ca fait du bien par ou ca passe. Un instant, on se serait cru dans un zoo, on avait presque l'impression de pouvoir les entendre dire 'Venez voir, des francais !'. Le nez colle aux palissades, l'oeil demesurement ouvert, la bouche béante. Des francais en captivité !! Un régiment de francais qui rale, téléphone, fume ouvertement, joue aux cartes, se délecte de la fresh fine food, soupire d'aise pour un massage improvisé, ou triche à s'en fendre le coeur en jouant au Tarot. Tout ce a quoi ils n'ont certainement jamais eu la chance de goûter, du haut de leurs bols de pop-corn, les pieds bien calés sur la table basse du salon, en train de regarder un 'reality show' sur le Dating… Du concentré de vie étranger, pouah !

Mais on s'en moque, on aime ca. Et d'ailleurs, on remettra le couvert sous peu… Pourquoi pas à la plage, une fin de semaine prochaine, s'organiser une nouvelle expédition histoire de se mettre un peu de croquant (de sable) sous la dent. Ce n'en serait que pour mieux raler, évidemment.

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