17 janvier 2007

Je ne râle pas, d'abord, je m'exprime !

Je ne sais pas vous mais moi, parfois, il y a des jours où je n’ai pas envie d’être “sympa”. Pas envie de dire bonjour a une collègue gronchon, pas envie de lever mes fesses de mon siège dans le métro que j’ai ardûment récupéré en marchant en crabe entre les commuters, pas envie de faire semblant et de sourire quand au fond de moi je m’entends crier « Casse toi ! » et qu’a la place je dis un « Oh, Machin ! Ca me fait tellement plaisir de te voir ! »
Mais du coup, les relations deviendraient beaucoup plus ardues :
- Salut, ça me fait plaisir de te voir ! - Oh ! Moi aussi ! Ca fait longtemps ! Pas moi, je t’avais oublié
- Tiens tu peux me rendre un service ? - Bien sur, que puis-je ? Crève, charogne, la dernière fois que je t’ai demande un service j’ai du me traîner sur les genoux pendant une semaine pour que tu décroches ton téléphone
- Dis, est ce que ça te dérange si je t’emprunte une valise pour partir au Guatemala ? - Pas de souci, profite ! Elle est toute neuve ! Et tu vas me la rapporter comme si elle sortait de 3 ans dans le Tiers Monde, *si* tu me la rapportes, c’est ça ?
- Allô, je te dérange pas ? - Mais non, je t’écoute ! Si, j’allais rentrer dans mon bain bien chaud, j’ai un masque hydratant sur le visage, mais parle, je t’écoute, puisque tu m’as dérangée de toute façon
- Hé çalu je cherch un stage au US tu peu m’édé ? - …. Oui : procure toi un Bled, un Bescherelle et un dictionnaire FRANÇAIS pour commencer
- …. : - Bonjour ! C’est ça, gros naze, me dis pas bonjour, ça me fait très plaisir aussi
Bref, les occasions dans la journée, au bureau ou ailleurs, de sortir les crocs et de mordre jusqu’à l’os font pléthore. Parfois, je me demande comment les guerres éclatent. Et puis, un jour, je me retrouve derrière une neuneu à l’automate de la Poste, qui enlève son manteau, pèse ses lettres une par une, compte ses pièces de monnaie, cherche les timbres qu’elle a déjà achetés et qui sont visiblement au fond de son sac à main sous des strates géologiques d’une épaisseur impressionnante qu’elle étale aussi sec sur le pauvre automate pendant que derrière moi, la ligne s’impatiente… Et quand je propose gentiment à la dame si on peut l’aider (alors qu’on la pousserait bien dans la poubelle, là, juste à côté), on se fait renvoyer dans ses buts… Et on attend 10 minutes. Montre en main. On en vient à rayer le parquet et avoir des envies de meurtre. Pas étonnant qu’il y ait autant d’accidents avec des armes à feu dans ce pays. Je vous assure qu’au bout de 10 minutes si j’avais eu ne serait-ce qu’un pavé sous la main, je l’aurais volontiers jeté en travers de la tête de la dame-neuneu-qui-pesait-ses-lettres (soit dit en passant, un préposé aux postes essayait de l’aider et lui aussi se faisait rabrouer). Du coup, dans la file d’attente, on sympathisait contre la « brave » dame et si elle avait mis une minute de plus, je pense qu’on se serait tous jetés sur elle comme le village gaulois sur les poissons pas frais. Juste pour se défouler.
Au lieu de cela, quand elle est partie, on a juste poussé un soupir de soulagement. Parce qu’on est un minimum poli et que le monde fonctionne comme ça.

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