12 janvier 2005

Tout ce qu'ELLES détestent qu’on leur dise (et un peu plus)

Oyez, oyes, braves jeunes. Ceci est pour vous. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la gente féminine ou presque, et pourquoi, quand vous leur dites quelque chose, elles se mettent à bouder, alors que vos intentions étaient (peut-être) parfaitement louables…
Avec l'’aimable participation/droit de reproduction de mon carnet d’adresse.

Venant d’'un jeune homme vraiment apprécié (sur qui « on » aurait des vues) :
-          Non, t’'es trop moche / trop conne
-          Désolé, t'’es vraiment une bonne copine, mais c’est tout
-          J'’aimerais qu'’on reste amis
-          Mais qu’'est ce que tu veux que je te dise ??? (oh j’'ai bien une idée, moi, de ce que je voudrais que tu me dises…)
-          Non, mais par contre, si ta copine est intéressée, ça me dirait bien
-          Krchhhhhhh… Désolée, j'’ai rien entendu, j’'ai pas de réseau…… Krchhhhhhhhhhhrrrrriiiiii… Bip bip bip…
-          Moi, je veux bien, mais ma copine ne sera pas d’'accord
-          Euh… Désolé, j'’ai pas le temps, là, j'’ai piscine
-          Non, ma mère ne serait pas d’'accord
-          Juste si tu suces
-          Oh oui, mais il faut juste que tu saches que je pars au Guatemala dans un mois, pour un stage de 4 ans

Venant d'’un jeune homme qu’'on apprécie vraiment (et qui, visiblement, ne s’'en rend pas compte)
-          Dis, tu veux pas essayer de m'’arranger un coup avec ta copine ?
-          Ouh, sur cette photo, tu prouves vraiment que le ridicule ne tue pas… et Sabrina (ma meilleure amie, ndla) est toujours aussi merveilleuse (le deux en un qui tue)
-          Tu sais quoi ? Je me suis trouvé une copine, c'’est la femme de ma vie !
-          Salut Sabrina ! (Nan, moi c'est Magali, crétin ! [ Et ça fait trois ans qu'on se connaît])
-          Tiens, j’'ai pensé à toi hier : à la télé, ils passaient un reportage sur la chirurgie esthétique / les handicapés / les nains…
-          Désolé pour le ciné demain soir, je peux pas, je dois aller chez Sabrina pour réviser l’i'nterro qui aura lieu dans 3 semaines…

De la part d'’un jeune homme qu’'on ne connaît pas, et qu’'on croise dans la rue :
-          Ouah… Elle est bien foutue, mais elle a vraiment une sale gueule (ou le contraire, c’'est selon)
-          Ouah… j’'me la f’'rais bien, elle est trop bonne
-          Excusez-moi, Monsieur…
-          Eeeeeeeerrrrrrrrrrk, t'’es mooooooooooche
-          Eh, tu t’'es gourée, l'’école pour handicapés, c’'est en face
-          Hipsssss ‘scusez-moi mademoiselle…. Hipssss z’'auriez pas une p'’tite pièce ?
-          Eh, Mademoiselle !!! … Ah non, de face, c'’est vraiment pas pareil, erk…
-          Pousse toi, conasse

De la part de notre copain théorique :
-          Promis, je t’'écris une carte postale (et, bien sûr, pas de nouvelles pendant deux mois, à croire qu’i'l s'’était fait dévorer par une meute de loups particulièrement affamés en se baladant dans les bois, entre temps)
-          Mais oui, moi aussi… Euh, qu’est ce que tu disais, déjà ?
-          Oooooh ouiiiiii, Sabrinaaaaaaaaaaaaaaa !!! (non, moi, c’est pas Sabrina, crétin)
-          T’'es trop bonne
-          Allez, pleure pas, on se reverra dans 6 mois
-          Tes parents sont des cons (même si c’'est vrai)
-          Non, je veux pas prendre un appart avec toi : je préfère rester chez mon père. Par contre, si tu veux, tu peux venir y habiter aussi
-          Bon, écoute, c'’était génial, cette nuit, mais je préfère qu’'on en reste là
-          Je suis toujours amoureux de mon ex
-          T’es moins bien que mon ex
-          [au resto / café, quand on vous propose une rose] Non merci, on a déjà b…. (le ‘summum’ du romantisme)

En vrac :
-          T'’as encore fait à manger pour 10
-          Ma mère, elle le fait pas comme ça, le risotto / le gâteau au chocolat / la vinaigrette…
-          Tu dépenses trop d’'argent, pense à tes impôts
-          C’'est quoi, ce que tu as mis ? (genre ça ressemble à rien)
-          (alors qu’on vient de passer une demi heure pour le choix d’'un vêtement, et qu’'on s’e'st finalement décidée pour la petite jupe) Elles sont pas mal, tes chaussures
-          T'’as pas un peu grossi ?
-          Tu vas être super contente : mon frère dit que tu fais vachement moins grosse qu'’avant (sic)
-          Naaaannnn, t’'es pas grosse. T’'es juste un peu rondelette.
-          Arrête, on dirait ta mère
-          Qu'’est ce qu’on mange ce soir ? (des pâtes, manifestement, si je te laisse cuisiner)
-          (au restaurant) Merde ! J’'ai oublié mon carnet de chèques ! (ben voyons)
-          (à propos de notre pantalon préféré qu'’on met presque en non stop depuis 3 mois) Il te boudine pas un peu, ce pantalon ?
-          Tu vois, je te l’'avais bien dit (que ce soit vrai ou non)
-          Mais c’'était une blague (comme si c’'était de notoriété publique que les filles prennent toujours tout mal)
-          (en réponse à « Que penses tu de ma nouvelle robe / coiffure…) C'’est bizarre… (ça veut tout dire)
-          Heureusement que je te laisse gagner de temps en temps (surtout n’'avoue pas que tu n’'as pas fait exprès de perdre)
-          C’'est ce truc pseudo romantique, ce mélo neu-neu, ton film / livre préféré ??
-          Elle te ressemble pas, ta sœoeur, elle est canon
-          Boah… t’'es pas si petite
-          Tu fumes pas, tu bois pas… Tu s…. ?
-          Pourquoi il faudrait que je sois galant, t’es qu'’une copine ?? (et alors, je suis une FILLE quand même)
-          Regarde moi ça, elle conduit comme un pied, c'’est bien une nana… Oups, pardon, j’'avais oublié que tu ratais régulièrement ton permis.
-          Ton prénom, c'’est comme la marque Fleury Michon, c’'est ça ?
-          Ton prénom, c’'est comme la prison, c’est ça ? (grrrrr)

Et elles détestent aussi…
-          quand elles se fendent d’'un grand e-mail… qu'’on leur répond par une pauvre petite ligne
-          qu’'on les regarde en les détaillant comme si elles étaient un steak sur pattes (dédicace spéciale aux étudiants de l’'ENSTA et autres écoles d’ingénieurs)

10/2002

11 janvier 2005

Quoi de neuf en littérature ?

Parlant bouquins, j’'ai pas encore dit mon dernier mot. Y’'a pas que des nouveautés qui m’'ont donné envie d'’écrire un peu ce mois ci. Tout d’'abord, une BD : Earl & Mooch* de Patrick McDonnel. C’'est un dessinateur américain (personne n’'est parfait), qui a imaginé la série en 1994, et depuis ses albums se vendent partout. En 1996, l’'auteur a reçu le Prix Max und Moritz du meilleur dessinateur, en 1997 lui ont été décernés le Prix Genesis, et celui du National Cartoonist Society pour la meilleure bande dessinée.
En quelques coups de crayon, le dessinateur nous compte les mésaventures du chien Earl et du chat Mooch, dans des strips d’'une page maximum. Façon Garfield : attirance notoire pour tout ce qui se mange, et forte propension à la sieste. Les deux protagonistes nous entraînent dans leurs pensées, leurs découvertes. Earl et Mooch sont le couple impossible : candides et inexpérimentés, ils s’entendent comme larrons en foire et font fi des antagonismes de leurs espèces. Les deux compères cherchent à se copier : ainsi le chat veut faire le chien de garde, et le chien a décidé d’'apprendre à ronronner… Earl semble être le plus innocent et le plus ignorant, mais c'’est surtout parce que Mooch ne veut pas le montrer : il frime devant son copain canin… Les deux évoluent entre le maître d’'Earl, Ozzie, les propriétaires de Mooch, Millie – maîtresse gâteuse, et Frank, jaloux du chat, le boucher et les voisins.
Le petit monde d’'Earl et Mooch vaut vraiment le détour. Et si vous êtes sages et très gentils avec moi, je vous en prêterai peut-être un tome !

Un roman, maintenant, que je suis en train de lire – comme ça, tout va bien, je ne vous raconterai pas la fin – et qui pourrait venir à la suite de mon article sur les journalistes dans le précédent Baz’Art*. Un roman comique qui singe le monde journalistique, et… écrit par un journaliste du Nouvel Observateur, François Reynaert : Nos amis les journalistes*.
L'’histoire, en gros ? Bon, allez, c’est bien parce que c'’est vous. Le rédacteur en chef du Journal vient d'’avoir une nouvelle lubie : consacrer un numéro entier au non événement. Puisque tout le monde parle de guerres, et des problèmes du monde, face à la concurrence exacerbée dans les médias, étudier un endroit où il ne se passe rien est la seule façon de se démarquer. C'’est ainsi que 3 personnes du Journal sont dépêchées un peu contre leur gré au Tourdistan, petite république d’'Asie Centrale où il ne se passe rien, ou presque. C’'est drôle et assez bien écrit. Amusant de voir comment les 3 journaleux se dépatouillent avec leur reportage au pays du non événement, enfin, c'’est ce qu’'ils croient au début, car tout peut se gâter…
Je ne vous en dis pas plus, et je laisse le suspense faire le reste.

Bonne lecture !


* Earl & Mooch de Patrick McDonnel, aux Humanoïdes Associés (3 tomes : La nuit des chasseurs, Mon maître ce héros, La peau de l’ours),  7€€ l'’un.
** NDLR : Journal édité par le Bureau des Arts de Reims Management School, jusqu’en 2002, regretté ensuite car remplacé par l’ignoble Artefact.
*** Nos amis les journalistes, François Reynaert,  Nil Editions, 17€€ (ça y est, mes esclaves se sont mis à l’Euro).


02/2002

10 janvier 2005

Lois Etudiantes


L’'Escale* est toujours ouverte… Sauf quand vous arrivez dans l’'urgence pour acheter une disquette.

L'Escale a toujours des disquettes… sauf la veille du jour où vous avez un dossier de marketing à rendre, avec copie sur disquette à filer au prof. Là, ils sont en rupture de stock.

Les bibliothécaires sont des gens normaux. Enfin presque toujours. Ils se métamorphosent en une meute de monstres particulièrement hargneux au moindre bip timide émis par un portable négligemment laissé au fond d’un sac. Et ils ont l’'ouïe très fine. Même quand tout le monde hurle autour de vous, ils vous repèrent tout de suite, et vous virent de leur sacro-sainte pièce manu militari.

En théorie vous venez à la médiathèque pour travailler. En pratique, vous débarquez à la médiathèque avec l’'espoir furtif que, bien qu’'étant complètement à la bourre pour vous mettre à ce bilan opérationnel personnalisé (qu’'on n’affublera pas de qualificatifs péjoratifs par souci d'’équité et de compassion envers les profs qui les lisent voire les corrigent), vous allez dégoter *LE* livre qui va vous sauver la vie. C'’est à ce moment là que votre portable, négligemment laissé au fond de votre sac, se met à sonner.

De toute façon, vous avez tou-jours votre carte d'étudiant sur vous. Sauf le jour où vous débarquez à la médiathèque avec l’'espoir furtif que, bien qu’'étant complètement à la bourre pour vous mettre à ce bilan opérationnel personnalisé (qu’'on n’'affublera pas de qualificatifs péjoratifs par souci d’'équité et de compassion envers les profs qui les lisent voire les corrigent), vous allez dégoter *LE* livre qui va vous sauver la vie. Pour pousser le vice à son extrême limite, on peut même imaginer alors que votre portable sonne à ce moment là…

Les soirées open-bar sont toujours organisées la veille des présentations orales où vous serez obligés d'’aller, à 8 heures du matin. C'’est un fait.

Vous entendez toujours sonner votre réveil… sauf le lendemain d'’une soirée open-bar.

Vous entendez toujours sonner votre réveil… enfin presque toujours. Parfois, vous avez pourtant la bonne idée de laisser votre téléphone portable allumé, et à portée raisonnable de l'’oreille (raisonnable, pas pour le volume sonore qui vous permettrait de continuer à dormir, mais raisonnable pour qu'’il atteigne un neurone survivant et vous réveille vraiment), ce qui vous permet d’'apprendre, vers 10 heures du matin, que si vous mettez à profit l'’ensemble de votre bagage neurologique, vous avez une petite chance de ne pas rater les partiels de l'’après-midi, au moins. (ndla : extrapolation d'’un fait réel qui eut lieu en classe B, promo 2004).

Les QCM de partiels servent : en théorie, à valider ce que vous avez appris pendant les blocs de cours. En pratique, à valider qu’'en fait, vous auriez dû retenir un peu plus que le vague contenu du cours… et à vous maudire pour avoir pensé que « les QCM, c’'est facile, de toute façon, qu’'est ce qu’on va s’'emm… à réviser, hein ? »

Vous vous rendez toujours compte lorsque vous arrivez en retard sur un campus… que vous aviez en fait cours sur l'’autre, aujourd'’hui.

Vous réalisez soudain, en séchant sur un partiel de compta budgétaire (ou finance, ou maths, c’est selon) qu’'il aurait peut-être été judicieux de changer les piles de votre calculatrice et/ou de vous pencher plus sérieusement sur le mode d'’emploi des fonctions financières qu’'elle propose.

[corollaire] Vous n’'êtes jamais tombé en rade avec votre calculatrice… qui, en plein milieu d’'un partiel de compta budgétaire (ou finance, ou maths, c’est selon), va vous prouver qu'’elle est très capable de vous lâcher, comme ça, sans crier gare. Sisi.

12/2002

NDLA : J'’aime beaucoup les gens de l’'Escale, et je n’'ai rien à leur reprocher. Il y a des lois contre lesquelles même un Sup de Co ne peut pas lutter.



* Escale : coopérative étudiante de Reims Management School.

08 janvier 2005

La Mip Attitude

Koicéssa ?? Voilà déjà ce que j'’entends. Oui, ça veut dire quoi, Mip ? Bof. Pas grand chose en soi. C’'est juste l’'histoire d'’une petite grenouille qui se hisse sur son nénuphar et qui regarde le monde avec ses yeux de grenouille… Bref. C'’est même pas drôle comme histoire, alors Mip. Voilà.
Mip. C’est la réponse à tout. Dans les années 80, on a eu les Schtroumfs, maintenant, c'’est la Mip attitude.
« Salut, tu Mip bien ?
-    Oh, Mip Mip, tu sais. Je Mip pas top des fois, mais là, aujourd’'hui, je Mip super.
-    Au fait, tu Mip au ciné ce soir ? Ah, ce soir, je peux pas, je Mip.
-    Bon, alors Mip moi quand tu peux !
-    Vendu ! »
Vous ne savez pas quoi dire ? Un blanc dans la conversation ? Eh bien Mesdames et Messieurs, j’'ai la Mip solution !

Dire Mip d'’un ton assuré fera toujours son effet !

-    Vous voulez un coca ? Dites « Mip Coca », avec un sourire.
-    Vous voulez un café et des biscuits ? Dites « Mip Café et Biscuits », avec un plus grand sourire.
-    Vous venez de vous coincer un doigt dans une porte ? Dites « Mip » en pleurnichant.
-    Si quelque chose vous semble cher, dites « Mip », d’'un ton dégoûté.
-    Si quelque chose vous semble très cher, dites « Mip » d’un ton très dégoûté.
-    Vous tombez dans le métro (ou en descendant du bus, ou ailleurs) ? Dites « Mip », d'’un ton énervé.
-    Vous croisez une de ces créatures qu’'on ne voit que dans les séries américaines, type Alerte à Malibu ? Dites « Whaou je la Miperai bien. »
Note : on insiste bien sur la prononciation « Mip » et non « Nik » qui pourrait ici porter à confusion. La Mip attitude se fait dans la politesse la plus totale. Mip, d’'abord.
-    On élève la voix en vous parlant ? Dites « Mip », agrémenté d’un « Mai-euh » si vous l'’estimez adéquat.
-    Vous vous perdez en ville (ou ailleurs) ? Dites « Mip perdu » sur un ton tristounet.
-    Vous ne comprenez pas quand on vous parle ? Dites « Mip », sur un ton interrogatif en penchant un peu la tête. Recommencez plusieurs fois si nécessaire.
Mise en garde : Dire Mip seulement deux fois de suite assez vite peu engendrer des confusions chez les aficionados de Tex Avery, qui risqueraient de vous confondre avec le Roadrunner. Pour éviter un tel quiproquo fâcheux, veillez donc au moins à tripler le Mip quand vous l'’employez dans ce cas.
-    Si vous vous ennuyez ou que vous avez simplement envie de vous amuser, ponctuez vos phrases de ‘Mip’.
-    Et si vous n'’avez pas de montre à proximité, vous pouvez aussi Miper l'’heure, ou même les minutes, si vous êtes très motivé.

Attention, la Mip attitude est contagieuse. Ca commence tout doucement, un jour, on vous interpelle par un Mip joyeux, puis vous vous mettez à dire Mip à votre tour. Ensuite, vous mipez toutes vos phrases, puis dès que quelqu’un vous Mip, vous dites juste Mip, et alors ça finit par miper tous ces mip qui vous mipent. Vous verrez, ça mip très mip ce mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip mip………

05/2002

Esprit torturé cherche solution adaptée

Il y a des choses qui passent, d’'autres non. Parfois, un sourire vous pétrifie, et change votre vie. Et puis il y a Lui. Lui qui vous fait fondre, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pour tout. Lui qui est loin, et que vous oubliez, un peu. Et puis, il y a les autres. Qui défilent. Que vous pensez aimer, que vous aimez –peut-être – et puis un jour vous Le revoyez. Et là, l’'autre semble fade, quels que soient ses attraits. Et Lui vous remplit l’'esprit, toujours, encore, une seconde, un instant, et puis tel un papillon, d’'un battement d’'ailes s’'en va à nouveau. Disparaît. Alors vous reprenez votre vie tranquille avec l’'autre, faites contre mauvaise fortune bon cœoeur, et tout ne va pas si mal…
Hasard ? Inconscient, tu nous étonneras toujours… Vous passez dans sa ville. Vous êtes chez un autre, mais qu’'importe, vous L'’appelez, Lui, cet *Ami*, et vous le revoyez encore – quel bonheur. Le passé n’'est plus, le futur a cessé d'’être, le moment présent est si agréable. Il est tel que vous en rêvez encore, égal à Lui même. Et puis, c’'est ainsi, la vie, parfois, est cruelle, vous vous quittez – en évitant, cela va de soi – les effusions lacrymales.
Pourquoi s’'amouracher ainsi lorsque c’'est impossible, vraiment ? Pourtant, le soir, en vous endormant, vous pensez encore que c'’était si… Comment même oser essayer de décrire un tel instant ? La vie, parfois, est très cruelle. Quand le reverrez-vous seulement ? Au prochain tremblement de terre, sûrement. Vous en avez la gorge nouée, vraiment. Surtout, qu'’on ne vous demande pas comment vous allez, sinon vous risquez de concurrencer les chutes du Niagara dans le débit mètre cube/seconde de vos larmes. Sainte Madeleine n’'a qu’'à bien se tenir.
Vous reprenez votre vie, tranquille. Il y a quelque chose de pourri dans le Royaume du Danemark, un grain de sable dans l’'huître, une tâche sur le passeport hongrois, bref, quelque chose qui vous démolit. Pendant une bonne semaine, vous êtes là, morne, triste, esseulée, à ne penser qu’à lui. C’est là que vous avez l’i'mpression qu'’une coalition s'’est montée contre vous, car tout ce que vous faites vous ramène à lui : le sujet que vous devez travailler, le personnage principal du livre que vous lisez, ou du film que vous allez voir, a, à coup sûr, le même prénom que lui. C’'est un fait.
Bien sûr, au moment où vous vous êtes résignée, le téléphone sonne, et Il vous appelle, histoire de prendre des nouvelles, ou bien vous envoie un e-mail… Il y a de nombreuses variantes de la crise cardiaque sentimentale, je crois. L'’effet, par contre, est toujours réussi, si je puis m’'exprimer ainsi. Vous l’'aviez presque oublié. Vous étiez presque parvenue à vous faire une raison, et là, en une seconde, un instant, tel un papillon, d’'un battement d’'ailes, Il revient se poser sur votre main.
Vous verrez comme c'’est agaçant, Il revient toujours. Toujours, l’'esprit compare. Il est tellement plus ceci, beaucoup moins cela… En deux mots : tellement mieux. Vous l’a'dmirez, admettez, vous l’'aimez, sa voix vous apaise lorsque vous avez les nerfs à fleur de peau, son regard pétille, quand vous êtes ensemble, la Terre peut s'’arrêter de tourner, peu importe.
Et on ne vous comprend pas. Est-ce que ça fait in de vivre telle l’'héroïne naïve d’'un roman de seconde zone ? D'’ailleurs, avez-vous même osé en parler lorsqu’'on vous a demandé ce que vous aviez ? Le monde, autour, est tellement plus allègre, insouciant, volage… Et Lui tellement…
Le monde, après tout, ne vous appartient-il pas un peu aussi ? Que ne le faites-vous pas changer ? Décidez. Ou le roman de gare terminera sa course dans la poubelle la plus proche. Aux oubliettes. A jamais.
Alors dites-Lui, si telle est votre envie. Ou pas, si vous préférez garder l’'idylle à peine esquissée dans un coin de votre cœoeur. A vous de choisir. Rappelez-vous seulement que la vie est courte, parfois cruelle, mais aussi tellement belle…

« Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'’habitueront »                                 
René Char